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Coronavirus : l’impact sur le tourisme

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Photo by Tom Pavlakos on Unsplash

Au cas où tu ne le saurais pas encore : c’est la merde. Le coronavirus, responsable d’une maladie nommée le COVID-19, est en train de foutre le bordel dans le monde entier.

Fin 2019, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est informée de cas étranges de pneumonies à Wuhan, en Chine. Il s’agit d’un nouveau type de coronavirus. Le COVID-19 est une maladie parfois mortelle qui touche les systèmes respiratoires et digestifs.

Le 11 mars, les choses deviennent sérieuses : on annonce que le COVID-19 est une pandémie. Le monde entier est concerné. Aujourd’hui, 180 pays sont touchés. La moitié de la planète est confinée.

Forcément, tout cela impacte le secteur du tourisme. Mais quelles sont les réelles conséquences du coronavirus sur notre manière de voyager ?

 

Coronavirus : les débuts

 

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Photo by Tai’s Captures on Unsplash

Commençons par le commencement. Entre janvier et mars, le coronavirus voyage. Doucement, une forme d’inquiétude apparaît chez les touristes. Des passagers sont expulsés d’avions, des vols se posent en urgence… La planète a la trouille.

On essaie d’abord de rassurer, parfois en minimisant la situation. Mais les arguments peinent à convaincre et peu à peu, la demande de voyages baisse.

Faute de passagers, des avions volent à vide. C’est la loi : les compagnies aériennes ont des créneaux horaires, ou « slots », dans les aéroports et doivent utiliser 80% de ces créneaux. En résumé, 80% des avions doivent voler, même sans passager.

Le 11 mars, quand la pandémie est déclarée, tout change. Les voyages sont annulés, les frontières sont fermées, la population est confinée.

L’Union Européenne suspend la règle des slots. En France, l’Aéroport de Beauvais ferme ses portes, suivi par celui d’Orly. Ryanair et Easy Jet stoppent leur activité. Des hôtels ferment. De grands évènements sont annulés ou reportés : les Jeux Olympiques de Tokyo, la saison de la NBA, la Ligue des Champions…

Le monde tourne au ralenti. Le tourisme ne tourne plus du tout.

 

La planète à l’arrêt

 

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Photo by BRUNO CERVERA on Unsplash

Le tourisme, c’est 8% du PIB français et 10% du PIB mondial. Au total, le secteur représente 10% des emplois mondiaux. En 2019, on comptait 1,5 milliard de touristes. Mais lorsque les annulations de voyage commencent à tomber, tout part en vrille.

L’Europe devient le cœur de la pandémie et les pays les plus touchés sont aussi de grandes destinations touristiques : France, Italie, Espagne… Le 17 mars, l’Union Européenne ferme ses frontières pour une durée indéterminée. Le SETO, syndicat des voyagistes, conseille le report des voyages jusqu’au 29 mai (minimum).

En 2019, à la même période, 42% des français partaient en vacances. Mais avec les écoles fermées et l’interdiction de voyager, le calendrier scolaire est bouleversé. Le souci, c’est que les vacances de Pâques correspondent au début de la saison du tourisme. Elles représentent 15% du chiffre d’affaires de l’été. En tout cas, c’était le cas avant cette année.

C’est aussi à cette période que les familles commencent à organiser leurs vacances d’été. Mais bizarrement, les gens sont frileux à l’idée de réserver des voyages en ce moment. Résultat : 50 000 emplois saisonniers ont déjà été annulés.

 

Une crise sanitaire… et économique

 

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Photo by Tonik on Unsplash

Pour les pays touchés, le bilan économique s’annonce catastrophique. On compte 60% moins de touristes en Italie. À la fin de l’année, il devrait y en avoir autant que dans les années 60, quand le voyage était encore un luxe.

Pour la France, 1ère destination mondiale, 2019 était déjà une année difficile avec les gilets jaunes et les grèves de transports. Le 8 avril, le pays entre en récession, avec une chute de 6% du PIB. Xavier Timbeau, Directeur de l’OFCE, estime que « chaque mois de confinement, c’est 2 à 3 points de PIB perdus ». Soit 45 à 70 milliards d’euros.

Au total, la chute de l’activité économique s’avère être beaucoup plus grave que la crise de 2008. Un plongeon s’opère le 12 mars, après le premier discours d’Emmanuel Macron. Le tourisme, habitué à une croissance annuelle de 5%, a pour le moment perdu 10 milliards d’euros.

Tout cela pourrait coûter 30 milliards d’euros au secteur. Sont ici concernés les bénéfices des agences de voyage, les dépenses des étrangers en France, la restauration liée au tourisme… Au total, 50 millions d’emplois dans le monde pourraient être supprimés.

Pour éviter le massacre, il faudrait que la reprise de l’activité se fasse au plus tard en juin. Le problème, c’est qu’il est difficile d’imaginer un retour à la normale avant 2021, voire 2022. Les voyageurs chinois, les touristes les plus dépensiers, ne repartiront probablement pas avant, faute de congés.

De quoi faire trembler les acteurs du tourisme et en particulier, les compagnies aériennes.

 

Les compagnies aériennes : victimes collatérales

 

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Photo by chuttersnap on Unsplash

À cause du coronavirus, l’offre de transports aérien a baissé de 90% en Europe. On estime les pertes mondiales à 200 milliards de dollars.

Les compagnies low cost sont les plus touchées. Certaines ont déposé le bilan au début de la pandémie. Le modèle low cost repose sur des avions qui passent peu de temps dans les aéroports. Et en ce moment, c’est le contraire.

Les compagnies françaises ont perdu entre 1 et 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le gros problème, c’est le remboursement des annulations. Le Code du Tourisme prévoit un remboursement complet en cas de « circonstance exceptionnelle et inévitable ».

Des dépenses difficiles à assumer pour certaines entreprises. Heureusement, le 25 mars le Conseil des Ministres a adopté une ordonnance autorisant les professionnels du tourisme à proposer un avoir valable 18 mois pour reporter le voyage. Reste à savoir si de telles mesures seront suffisantes.

Les compagnies aériennes ne sont pas les seules concernées. Par exemple, 4 milliards d’euros ont été perdus pour les hôtels. La SNCF a aussi dû s’adapter. Pour réduire l’exode vers les campagnes, l’activité a été réduite de 30% sur les grandes lignes et de 50% sur le Transilien.

Mais le coronavirus n’impacte pas seulement l’économie. Quelles sont les autres conséquences de cette catastrophe sanitaire ?

 

Les effets du virus sur l’environnement

 

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Photo by Irina Iriser on Unsplash

Pour voir le bon côté des choses, on peut se dire que le coronavirus a eu quelques effets positifs, notamment sur l’environnement.

Dans le monde entier, des usines ont fermé, des vols ont été annulés et des populations confinées ont arrêté de prendre la voiture. Et nous avons déjà évoqué le ralentissement de l’activité aérienne.

En Chine, c’est 100 millions de tonnes de CO2 en moins par rapport à l’année dernière. La situation crée une chute historique des émissions de gaz à effet de serre. Des images de la NASA révèlent des baisses inédites de la concentration de dioxyde d’azote.

À Paris, la fermeture des lieux publics a permis de réduire de 25% le nombre de déchets. La qualité de l’air s’est améliorée de 20 à 30%.

Des animaux sont revenus dans des endroits autrefois fréquentés par les touristes. En Italie, des dauphins ont été vu dans le port de Cagliari, où les bateaux sont à l’arrêt. À Milan, des cygnes ont envahi le centre-ville. À Barcelone, des sangliers sont descendus dans les rues.

Alors, plutôt positif, non ? Pas forcément.

 

Positif à court-terme, tragique à long-terme ?

 

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Photo by Ella Ivanescu on Unsplash

On pourrait penser que cette pandémie est l’occasion pour la planète de prendre une pause et de se soigner. Mais cette paix pourrait être de courte durée.

De nombreux experts alertent sur les effets à long-terme de cette catastrophe sanitaire. L’apparition d’une crise économique relègue souvent les questions écologiques au second plan. C’est ce qui s’était passé en 2008, où les plans de relance s’étaient avérés peu écolos.

Une crise économique, c’est moins d’argent pour les entreprises qui voudraient investir dans des produits plus respectueux de la nature. C’est aussi moins d’argent pour les consommateurs, qui pourraient choisir des produits de premier prix et moins écolos.

Déjà, le coronavirus a pour conséquence le report d’évènements internationaux pour le climat. Il pourrait causer une marche arrière sur certaines mesures climatiques, pour ne pas freiner la relance économique.

Alors même que nous sommes nombreux à nous réjouir de la baisse de la pollution causée par l’arrêt de l’activité, nous sommes peu à penser aux conséquences désastreuses qu’aura sûrement sa reprise.

 

Le tourisme est-il responsable de la pandémie ?

 

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Photo by Luke Porter on Unsplash

Si personne ne peut savoir quand le tourisme va reprendre, il y a une chose dont nous pouvons être sûrs. Notre manière de voyager a sa part de responsabilité dans la propagation du coronavirus.

Au-delà des effets sur le dérèglement climatique qui favorise l’apparition de maladies infectieuses, l’hypermobilité permet la propagation de virus dans le monde. Si on se déplaçait moins souvent et moins loin, la contagion aurait pu être limitée.

Depuis plusieurs années, le surtourisme dégrade les écosystèmes et les conditions de vie des locaux. Le coronavirus pourrait être l’occasion de le réguler.

Déjà, le secteur prend ses responsabilités avec des initiatives solidaires. Des hôtels mettent à disposition des chambres pour le personnel soignant ou les sans-abris. Des sites touristiques offrent des masques au gouvernement.

Airbnb, créé pendant la crise financière de 2008, a annoncé une levée de fonds d’un milliard de dollars pour financer des projets révolutionnant le voyage. La mission : se concentrer sur les voyages de proximité et les expériences locales.

Le message : le monde se prépare à changer.

 

Et le monde d’après ?

 

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Photo by Evgeni Tcherkasski on Unsplash

Face à la fermeture des lieux touristiques, les entreprises se montrent créatives. Voyager à l’aide de podcasts ou visiter les plus grands musées virtuellement : ce sont les expériences proposées aux touristes confinés. Il est possible de se balader dans le monde entier sans bouger de son canapé.

Le Machu Picchu ou le Louvre se visitent en vidéo. Le Centre Pompidou propose des conférences et ateliers gratuitement en ligne. Les offices de tourisme de Rennes ou Marseille invitent à photographier la ville depuis sa fenêtre pour la découvrir autrement.

Pour ne plus jamais voir une telle crise sanitaire et pour préserver notre planète, nous devons apprendre à voyager différemment. De nombreuses personnes se questionnent sur l’après. Certains voient l’opportunité de changer les mentalités.

Des tendances déjà existantes comme le tourisme vert ou le staycation (passer des vacances chez soi) pourraient gagner en popularité. Les français choisiront peut-être de découvrir la France plutôt que de partir à l’étranger.

L’expérience des voyageurs en attente de rapatriement pourrait freiner certaines ardeurs. Peut-être verrons-nous émerger un tourisme de proximité.

Cette catastrophe pourrait être l’occasion de mettre en lumière une manière de voyager plus responsable, plus durable et innovante.

 

Reste à savoir si la pandémie aura réellement un impact positif sur les mentalités et si la population mondiale apprendra de cette expérience.

Ce qui est certain, c’est qu’il est de la responsabilité de chacun de s’interroger sur ses habitudes de consommation et sur les moyens d’éviter qu’une telle catastrophe se reproduise.

 

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