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5 coups durs pour le tourisme à Paris

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Photo by Bui Anh on Unsplash

On a déjà parlé de l’effet du coronavirus sur le tourisme en France (même si une petite update ne ferait pas de mal). Néanmoins, la ville de Paris n’a pas attendu la pandémie pour vivre des évènements menaçant son attractivité à l’international.

Baisse de fréquentation des établissements touristiques, trou dans les recettes nationales, dégradation de l’image du pays… Quels ont été les pires coups durs pour le tourisme à Paris lors de ces dernières années ?

 

Les attentats de 2015

 

En 2015, Paris connaît deux tragiques évènements : une attaque du journal Charlie Hebdo le 7 janvier et une autre au Bataclan le 13 novembre. En plus de plonger la France dans un deuil national et de provoquer des changements radicaux dans le quotidien des Français, les attentats ont également des effets sur l’image de Paris dans le monde.

La destination France connaît une vague d’annulations à la suite de ces deux évènements.  L’attentat de novembre cause une baisse de 0,1 point du PIB au quatrième trimestre 2015. D’après une étude de Skyscanner, un attentat peut faire renoncer 16% des touristes à se rendre dans une destination. Cependant, cette hésitation disparaît généralement au bout de 3 mois.

Après les attentats de janvier et de novembre 2015, l’Office de Tourisme de Paris remarque une baisse brutale de la fréquentation touristique de la capitale. On compte 1,5 millions de touristes en moins en 2016 et le manque à gagner est estimé à 1 milliard d’euros.

À chaque nouvelle attaque, l’industrie du tourisme tremble au souvenir de telles conséquences. Comme lors de l’attentat sur les Champs Élysées en avril 2017. En effet, plus de 300 000 personnes se rendent quotidiennement sur la plus belle avenue du monde.

Tout évènement pouvant entraîner une baisse de fréquentation, aussi courte soit-elle, est craint par les acteurs du tourisme.

 

L’agression de Kim Kardashian

 

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Photo by Serkan Turk on Unsplash

Le 3 octobre 2016, soit quasiment un an après le Bataclan, Kim Kardashian est agressée dans une résidence de luxe à Paris, lors de la Fashion Week. Cinq personnes armées déguisées en policiers lui dérobent l’équivalent de 9 millions d’euros de bijoux.

Ce braquage relance le débat sur l’insécurité à Paris, dans un pays qui ayant beaucoup souffert d’une image désastreuse à l’international (manifestations pour la Loi Travail, attentat de Nice) et qui passe pour une destination à risque.

Mais plus que tout, cette agression apparaît comme une menace pour le tourisme de luxe. La résidence en question est fréquentée par de grandes stars comme Madonna, Leonardo DiCaprio, Zlatan et est réputée pour sa sécurité.

Quelques mois avant, 27 touristes chinois sont victimes d’un braquage dans le Val d’Oise. En 2014, un prince saoudien est agressé à Porte de la Chapelle, à Paris. La capitale accueille de nombreux touristes VIP, environ 80% de la clientèle des palaces parisiens sont étrangers.

Cette cible a les moyens de changer de destination au dernier moment et nécessite donc une attention toute particulière pour s’assurer qu’elle dépensera bien son argent dans la capitale.

 

Le mouvement des Gilets Jaunes

 

Fin 2018 démarre l’un des plus longs mouvements de protestation de ces dernières années en France : les Gilets Jaunes. Pendant plusieurs semaines, les manifestants se retrouvent tous les samedis dans différentes villes de France et notamment à Paris.

Ces manifestations ne se déroulent pas toujours dans la joie et la bonne humeur puisque des violences marquent ces longues semaines de mouvements sociaux. Pavés des Champs Élysées arrachés, restaurants et magasins vandalisés, voitures brûlées… Le tourisme commence à trembler quand les premiers tags apparaissent sur l’Arc de Triomphe.

Les dégâts provoqués par les manifestations sont estimés à plus de 3 millions d’euros par jour. Les commerces des Champs Élysées voient leur chiffre d’affaire baisser de 30%. Les annulations pleuvent dans les hôtels des quartiers les plus touchés : jusqu’à 40% de réservations en moins.

La clientèle asiatique chérie de Paris, très dépensière et donc très appréciée, avait déjà du mal à revenir après les attentats de 2015. À l’époque des Gilets Jaunes, les arrivées aériennes baissent de 10%. Les plus frileux pour voyager ? Les Chinois, les Coréens et les Japonais.

Au final, le mouvement des Gilets Jaunes décourage les touristes de se rendre à Paris pour la période très populaire de Noël. On compte -15% de fréquentation touristique. Pour les étrangers, Paris passe de capitale du romantisme à champ de bataille.

 

L’incendie de Notre-Dame

 

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Photo by Sebastien on Unsplash

Le 15 avril 2019 se déclare un incendie sur l’Île de la Cité à Paris. Le bâtiment touché n’est rien de moins que la célébrissime Cathédrale de Notre-Dame. L’incendie ravage la toiture et détruit complètement la flèche de la plus ancienne cathédrale du monde. Il faudra deux jours pour éteindre les flammes.

Notre-Dame est un pilier du tourisme français, et surtout parisien. Le monument est visité par environ 14 millions de personnes par an – et pas seulement des touristes. En moyenne, on compte plus de 30 000 visiteurs par jour. C’est un site absolument incontournable, l’un des plus visité de France.

L’ensemble des recettes des visites guidées et attractions payantes se servant du bâtiment s’estime à 1 million d’euros de chiffre d’affaires pour le tourisme à Paris. Quand un tel monument part en fumée, ça se ressent sur le porte-monnaie.

Véritable symbole de patrimoine, la cathédrale figure sur tous les circuits touristiques et s’est révélée difficile à remplacer. Une alternative à quelques mètres s’impose pendant sa fermeture : la Sainte Chapelle.

Le point positif, c’est que les boutiques souvenirs vendant des objets à l’effigie de Notre-Dame n’ont jamais été aussi populaires. Malgré cela, le monument classé au patrimoine mondial de l’UNESCO laisse un trou difficile à combler dans les revenus du tourisme français.

 

Les grèves de 2019

 

Si les grèves des transports sont loin d’être rares en France, les mouvements sociaux que connait le pays fin 2019 secouent le secteur du tourisme d’une manière assez inhabituelle. En décembre 2019, un an après le début des manifestations des Gilets Jaunes, une grève éclate en France pour protester contre la réforme des retraites.

D’abord lancé par la SNCF, le mouvement se généralise et touche en particulier le secteur des transports. Les français se retrouvent dans l’incapacité de se déplacer. Forcément, ce mouvement touche aussi les touristes. Déjà, pour venir. Mais aussi pour se déplacer dans Paris, plus touchée que les autres villes de France.

Une baisse du nombre de visiteurs, c’est aussi une baisse de la fréquentation des hôtels (-25%), des restaurants, des musées… Encore pendant la période de Noël, ces grèves impactent l’activité des magasins à Paris, notamment les magasins de jouets (-20% de chiffres d’affaires).

De manière générale, les boutiques observent une baisse de leur activité allant jusqu’à 50%, voire 80% pour les commerces à proximité des gares. Les musées et autres sites culturels réduisent leurs heures d’ouverture, par manque de visiteurs et de personnel. Les hôtels gèrent les annulations en masse, les touristes galèrent avec les VTC et les embouteillages…

Une fois encore, Paris souffre d’une mauvaise image dans les médias étrangers : celle d’une ville où règne la violence et le chaos. La capitale perd 6 points en 2019 dans le classement des villes les plus agréables de The Economist.

 

Au final, Paris a souffert de nombreuses difficultés dues à divers évènements plus ou moins tragiques ayant mis à mal son attractivité. Insécurité, désorganisation, dégradation des sites touristiques… Le tourisme a de maintes fois été mis à l’épreuve en France.

Malgré tout, Paris reste l’une des capitales les plus touristiques du monde. Le pays ne perd pas espoir, puisque la France espérait 100 millions de voyageurs internationaux pour l’année 2020.

Alors effectivement, c’était un mauvais pari. Mais au moins, cette fois-ci, ce n’était de la faute de personne.

 

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